Tirer sur la corde

Et bah ma cousine …

Oui c’est pour quoi ?

My Cousin Rachel, sorti cet été, est un film britannique de Roger Michell (Coup de foudre à Notting Hill) réunissant à l’écran Rachel Weiz (on vous en a déjà parlé ici) et Sam Claflin (Me Before You). Adapté du roman de Daphne du Maurier, My Cousin Rachel est un film d’époque très esthétique dans la veine d’autres films britanniques tel que Jane Eyre (2011) de Cary Joji Fukunaga, bien que beaucoup moins intriguant et complexe que ce dernier.

On sent que l’accent a été porté sur les costumes et décors mais il nous manque cette ambiance propre à l’œuvre gothique de Daphné du Maurier. Heureusement pour nous, Roger Michell n’est pas le premier à avoir adapté l’œuvre de la romancière. Henry Foster s’y est également attelé, mais lui en 1952. Et avec Olivia de Havilland et le tout jeune Richard Burton s’il vous plait !

Vous avez dit Rachel ?

My Cousin Rachel est un drame gothique, mettant en scène la confusion d’un jeune homme, Philip (Richard Burton), face à Rachel (Olivia de Havilland), une femme mure ayant possiblement assassiné son oncle adoré. Philip est impulsif et influençable, ses sentiments pour Rachel oscillant constamment entre la haine et l’amour, au même rythme que Rachel passe de la douceur à la cruauté.

Ces personnages doubles emmènent le spectateur, et le perdent dans une intrigue inquiétante.

The Olivia de Havilland

La reine des personnages à double personnalité, c’est bien elle : Olivia de Havilland. Le grand public la connait principalement pour son rôle de bonne copine et grande naïve dans Autant en Emporte le Vent. Mais cette grande actrice, vivant à Paris encore aujourd’hui, a excellé dans les personnages complexes, pouvant switcher d’un moment à l’autre. My Cousin Rachel est une performance remarquable évidemment, mais on a pense également au film de William Wyler, The Heiress sortie en 1949, adaptation du roman de Henry James Washington Square.

Une jeune femme, gauche et fade, semble destinée à finir vieille fille malgré son héritage. Mal aimée par un père qui la considère plus comme un fardeau et une déception perpétuelle, elle se retrouvera éconduite par un jeune homme (Montgomery Clift), chasseur de dot. Le film repose sur de remarquables prestations d’acteurs valorisées par les plans séquences et une atmosphère crépusculaire. Scène incroyable du film, Olivia de Havilland remontant les marches de l’escalier, amère et triomphale, Montgomery Clift désespéré tambourinant à la porte.

Olivia recevra l’Oscar de la meilleure actrice pour cette performance, alors que Montgomery Clift, tellement mécontent de sa prestation, sortira de la salle au milieu de l’avant-première (en toute franchise sa performance n’est pas dingue).

Doyenne et dernière rescapée de l’âge d’or Hollywoodien, l’actrice cumule 49 films et, deux Oscars en 60 ans. Grace à la bataille qu’elle a menée contre les studios Hollywoodiens pour récupérer son indépendance, une loi est rentrée en vigueur afin de protéger les acteurs, la De Havilland’s Law.

Quand on tire sur le fil …

On tombe sur Hitchcock, jamais très loin celui-là. Très inspiré par Daphné du Maurier, et ses romans gothiques, il a trouvé sa muse. On vous parlait déjà il y a quelques temps de Rebecca, chef d’œuvre du cinéma. En effet c’est d’après nous une des meilleures adaptations de romans jamais réalisée au cinéma (ex aequo avec Le Guépard de Visconti – promis on vous en parle bientôt).

Premier film américain d’Alfred Hitchcock, tous ses thèmes de prédilection sont développés : une mystérieuse histoire enfouie, des soupçons venant nourrir l’intrigue, un amour condamné à l’échec par un passé, et le spectre d’un acte criminel.

Ces thèmes, énigmatiques du style gothique et chères à Daphné du Maurier, se retrouvent complètement dans My Cousin Rachel. Hitchcock abordera d’ailleurs ce sujet dans son film Soupçons, avec Joan Fontaine et Cary Grant, sortie en 1941.

Fun Fact : Olivia de Havilland et Joan Fontaine sont sœurs, nourrissant l’une pour l’autre une rivalité sans borne ! Pas étonnant qu’elles jouent dans le même registre.

Du coup qu’est-ce qu’on fait ?

De notre côté, promis on travaille sur un article consacré à Hitchcock. Et pour vous on vous recommande My Cousin Rachel, version 1952, et The Heiress, tout à fait bouleversant !

Cheers !

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