Tirer sur la corde

Au plus près du couple

Oui c’est à quel sujet ?

En ce moment au Théâtre de l’Oeuvre se joue une adaptation du sublime film d’Ingmar Bergman, Scènes de la vie conjugale. On y retrouve Raphaël Personnaz et Laetitia Casta, un duo glamour et magnétique, mis en scène par Safy Nebbou.

« On pouvait imaginer que, les décennies passant, la vie maritale disséquée par Bergman aurait évolué, que le scénario se serait démodé : pas du tout » – Télérama

Ingmar Bergman a d’abord été un homme de théâtre, et le théâtre reste au cœur de sa réflexion sur le spectacle. Il représente pourtant le type même de l’auteur de films depuis les années 1950, et il a prolongé son œuvre avec passion à la télévision.

Retour aux sources

Scènes de la vie conjugale (Suédois: Scener ur ett äktenskap) est une minisérie de télévision suédoise de 1973 écrite et dirigée par Ingmar Bergman mettant en scène Liv Ullmann et Erland Josephson. L’histoire explore la désintégration du mariage entre Marianne et Johan, couvrant une période de 10 ans. Le film de Bergman s’appuie sur ses propres expériences, y compris sa relation avec Ullmann. Il a été tourné sur un petit budget à Stockholm et Fårö en 1972.

Après avoir été diffusée sur la télévision suédoise en six parties, la minisérie a été condensée dans une version cinema et a reçu des critiques positives en Suède et à l’étranger. Scènes de la vie conjugale a également fait l’objet de controverses pour son influence perçue sur la hausse des taux de divorce en Europe. Le film a remporté le Golden Globe Award pour le meilleur film en langue étrangère et plusieurs autres prix.

 « L’une des histoires d’amour les plus vraies et les plus lumineuses jamais faites » – Roger Ebert

La minisérie et la version cinématographique ont influencé des cinéastes comme Woody Allen et Richard Linklater, et a fait l’objet de nombreuses adaptations théâtrales.

Une vie en six actes

Innocence et panique
Un couple aisé, Marianne et Johan, sont interviewés pour une série de magazines sur l’amour après avoir renouvelé leur contrat de mariage après leur 10e anniversaire. Dans l’interview, ils se présentent comme un couple idéal. Ensuite, ils rencontrent le couple Peter et Katarina, qui ont une relation misérable. Marianne révèle à Johan qu’elle est enceinte, et elle finit par avoir un avortement.

L’art de balayer les choses sous le tapis
Marianne se réveille un matin déterminée à ne pas rendre visite à ses parents pour le dîner, comme la famille fait habituellement chaque semaine, et est obligée de reculer. À l’université où Johan travaille, il partage la poésie qu’il n’avait pas montré à Marianne avec une collègue qui lui dit que c’est médiocre. Plus tard, Marianne et Johan débattent du manque de joie qu’ils prennent dans leur vie sexuelle.

Paula
Johan révèle à Marianne qu’il a une liaison avec une jeune femme nommée Paula, un personnage invisible, et veut une séparation. Il a l’intention de quitter la maison pendant des mois, et partage ses frustrations au sujet de leur mariage et son désir de la quitter. En téléphonant à un ami pour obtenir de l’aide, Marianne apprend que beaucoup de ses amis connaissaient l’affaire avant elle.

La vallée des larmes
Johan visite Marianne, révélant qu’il a l’intention de prendre un poste à l’Université de Cleveland. Marianne suggère alors qu’ils devraient finaliser un divorce, laissant entendre qu’elle désire se remarier. Elle partage ce qu’elle a appris sur elle-même en thérapie.

Les analphabètes
Marianne et Johan se rencontrent pour finaliser leur divorce, conduisant à plus de dispute sur la division de leurs biens, l’éducation de leurs filles et la nouvelle jouissance de Marianne avec son partenaire actuel. Après que les disputes se soient multipliées en violence physique, Johan signe tristement les papiers.

Au milieu de la nuit dans une maison sombre

Malgré les deux remariages avec d’autres personnes, Marianne et Johan se rencontrent. Marianne révèle qu’elle a eu une liaison en 1955, peu de temps après leur mariage. Cela fait 20 ans qu’ils se sont mariés. Dans la maison de campagne d’un ami, Marianne a un cauchemar, et se réveille en clamant qu’elle n’a jamais aimé ou été aimé. Johan la réconforte en lui confiant qu’ils partagent un amour imparfait.

Un art existentialiste

Bergman a toujours exprimé son refus de l’institution religieuse. Selon lui la morale chrétienne a instauré l’enfer du puritanisme, qu’il associe à un autre enfer, celui de la vie quotidienne et de la vie conjugale, contestant les valeurs convenues du couple et de la famille. Au fond Ingmar Bergman ne fait qu’exprimer une angoisse existentielle. La noirceur du propos est souvent atténuée par le rôle déterminant qu’il accorde aux femmes, à leurs initiatives, à leur charme et à leur insolence.

« Un film d’une telle intimité extraordinaire qu’il a l’effet de casser dans les composantes mystérieuses beaucoup de choses que nous acceptons ordinairement sans pensée, les objets, les visages, les attitudes, et les émotions familiers et banals, particulièrement l’amour » – Vincent Canby, critique du New York Times

Du coup qu’est qu’on fait ?

On court au théâtre voir l’adaptation de Safy Nebbou, mais avant tout on regarde le film de Bergman, car même Laetitia Casta ne peut prétendre surpasser Liv Ullman.
Et bien sûr on vous encourage à vous plonger dans la filmographie de Bergman sans enclave ! Du Septième Sceau, à Cris et chuchotements en passant par Persona, il n’y a que de quoi révéler l’âme existentialiste qui sommeille en vous.

Cheers !

NOS RECOMMANDATIONS

Scenes de la vie conjugale, réalisé par Ingmar Bergman, avec  Liv Ullmann et Erland Josephson – 1973

Le Septième Sceau, réalisé par Ingmar Bergman, avec Gunnar Björnstrand, Bengt Ekerot et Bibi Andersson – 1957